Un film de complexage est une matière que l’on assemble à d’autres couches avec un adhésif pour obtenir un complexe aux propriétés qu’aucune couche n’a seule. Pour une pièce technique, le film se choisit selon la forme du support, l’environnement, la durée de pose et l’aspect attendu. Un PET rigide convient aux surfaces planes, un PE conformable suit les courbes.
Complexage d’emballage ou complexage technique
Le terme recouvre deux métiers. Dans l’emballage souple, le complexage associe des films plastiques, de l’aluminium ou du papier pour fabriquer des sachets et des films multicouches : on cherche l’étanchéité, la barrière, la protection contre les UV ou la soudabilité. Le fabricant Granger Group cite par exemple l’agroalimentaire, la pharmacie, la cosmétique et les aliments pour animaux parmi les débouchés de ces films.
Notre métier est l’autre versant : le complexage technique. Nous assemblons des films, des mousses, des papiers ou des tissus avec un adhésif pour en faire des pièces découpées, des étiquettes techniques ou des composants d’assemblage. Si vous cherchez un film barrière pour un emballage alimentaire, un fabricant de films d’emballage vous répondra mieux.
Quel film de complexage choisir : ce que chaque matière apporte
Pour les films plastiques, le guide technique des matériaux en film d’Avery Dennison donne une échelle simple : du PET au PE, on gagne en conformabilité et en compressibilité, et on perd en transparence et en stabilité dimensionnelle. Le reste du tableau s’appuie sur les documentations des fabricants citées en fin d’article.
| Matière | Ce qu’elle apporte | À surveiller |
|---|---|---|
| PET (polyester) | Très rigide, très transparent, stable dans ses dimensions | Peu conformable : il ne suit pas une surface courbe |
| PP (polypropylène) | Rigide, en version très transparente ou blanche | Conçu pour les surfaces planes ou aux courbes simples |
| PE (polyéthylène) | Le plus conformable et compressible des films courants | Moins transparent et moins stable que le PET |
| PU (polyuréthane) | Très élastique, résistant à l’abrasion et à la perforation | À réserver aux pièces qui doivent se déformer avec leur support |
| PVC | Souple grâce aux plastifiants, capable de suivre des reliefs | Les plastifiants peuvent migrer vers l’adhésif |
| Papier et carton | Support à imprimer, ou à rigidifier pour le carton | Le papier travaille avec l’humidité |
| Mousse | Épaisseur, amortissement, étanchéité | La compression sous la pose et dans le temps |
| Tissu | Souplesse et tenue mécanique d’un textile | Une surface rugueuse, sur laquelle l’adhésif doit bien accrocher |
| Yupo Tako® | Film à micro-ventouses qui tient sur les surfaces planes et lisses sans adhésif, se repositionne et se lave | Ne fonctionne que sur des surfaces lisses |
Nos films techniques et nos mousses techniques sont détaillés dans des pages dédiées.
Quand le PVC pose question
Le PVC doit sa souplesse à des plastifiants, des liquides intégrés à sa formule. La revue professionnelle Signs of the Times rappelle que les plastifiants dits monomères sont plus mobiles et migrent plus facilement vers les matières voisines, dont l’adhésif. Les plastifiants polymères, à chaînes plus longues, résistent mieux à cette migration. Pour une pièce qui doit durer, la nature du PVC et celle de l’adhésif se choisissent donc ensemble.
L’adhésif de complexage se choisit avec le film
Un complexe tient par son adhésif autant que par ses films. La première décision porte sur la durée de pose. Avery Dennison distingue l’adhésif permanent, qu’on ne peut pas retirer sans abîmer l’étiquette ou le support, de l’adhésif enlevable, qui tient sans se relever en bordure mais s’enlève sans dommage.
Vient ensuite la chimie de l’adhésif. Le même guide Avery Dennison donne quelques repères :
- l’acrylique solvant offre une résistance exceptionnelle à l’eau, à la chaleur et aux produits chimiques ;
- le caoutchouc thermofusible (hotmelt) a les meilleures performances à basse température, et une très bonne accroche sur les surfaces apolaires, légèrement rugueuses ou courbes.
Sur les plastiques difficiles à coller, comme le polypropylène ou le polyéthylène, l’énergie de surface du support pèse autant que le choix de l’adhésif. Nous en parlons dans notre article sur le traitement corona. Pour assembler deux matières entre elles, nous utilisons souvent un adhésif double face ou transfert.
Trois exemples de complexes techniques
Un film de protection sur une impression
Une étiquette technique exposée aux frottements ou aux produits de nettoyage reçoit un film transparent par-dessus l’impression. Le choix se fait entre la transparence du PET et la souplesse d’un film plus conformable, selon la forme de la pièce. C’est par exemple ce que nous faisons sur certaines étiquettes VOID.
Une mousse sur un adhésif double face
Pour un joint, un patin ou une pièce d’assemblage qui doit amortir, la mousse apporte l’épaisseur et l’adhésif double face la fixation. Le complexe est ensuite découpé à la forme, puis livré en bobine ou en planche.
Un visuel repositionnable sans adhésif
Le Yupo Tako® tient par micro-ventouses sur les surfaces lisses. Imprimé puis découpé, il permet un marquage qu’on retire et qu’on repose sans laisser de colle.
Les questions à se poser avant de choisir
- Le support. Plan ou courbe, lisse ou rugueux, et sa matière.
- L’environnement. Température, humidité, UV, produits chimiques.
- La durée. Pose définitive, enlevable ou repositionnable.
- L’aspect. Transparence, couleur, impression.
- La fonction. Coller, protéger, amortir, isoler, informer.
- La pose. Manuelle ou automatique : pour une pose robotisée, le complexe doit aussi rester rigide au bon endroit.
- Le volume. Quantité et fréquence des commandes.
Notre page complexage présente le procédé et la façon dont nous assemblons ces matières.
Vous hésitez entre plusieurs films ?
Décrivez-nous la pièce, son support et son environnement. Nous vous proposerons la combinaison de film et d’adhésif adaptée, avec des échantillons avant la série.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un film de complexage ?
Une matière que l’on assemble à d’autres couches avec un adhésif pour obtenir un complexe. Dans l’emballage, ce sont surtout des films barrière. Dans l’industrie, ce sont des films, mousses, papiers ou tissus qui forment des pièces techniques et des étiquettes.
Quel film choisir pour une surface courbe ?
Un film conformable. Selon le guide technique d’Avery Dennison, le PE est le plus conformable des films courants, le PET le plus rigide. Pour une pièce qui doit en plus se déformer avec son support, un film PU, très élastique, est une autre option.
Quelle différence entre complexage et laminage ?
Dans la transformation des adhésifs, les deux termes désignent l’assemblage de couches avec un adhésif. L’usage réserve plutôt le laminage, ou pelliculage, à la pose d’un film fin de protection sur une impression, et le complexage à la construction d’un matériau multicouche.
Le PVC est-il adapté au complexage ?
Oui, pour sa souplesse. Il faut cependant choisir le PVC et l’adhésif ensemble, car ses plastifiants peuvent migrer vers l’adhésif. Les plastifiants polymères migrent moins que les plastifiants monomères.
Peut-on obtenir un film qui tient sans adhésif ?
Oui, sur des surfaces lisses. Le Yupo Tako® tient par micro-ventouses, se repositionne sans laisser de colle et se nettoie à l’eau quand il a perdu son adhérence.
Sources
- Avery Dennison, Matériaux en film, Étiquettes et emballage, guide technique Europe 2021
- Avery Dennison, Adhesive Technologies, guide technique Europe 2020
- Covestro, films TPU Platilon®
- Signs of the Times, Another Look at Calendered Vinyl Film
- Yupo, YUPOTAKO®
- Granger Group, films plastiques pour complexage